« Rituels et participation politique au féminin, du leadership contemporain inédit s’organise pour la 58th conférence de ONU-Femmes en 2014 »

Le film porte essentiellement sur l’histoire et le parcours de militantes nouvellement engagées dans la sphère décisionnelle onusienne et qui désormais agissent à travers leur délégation et leurs ONG internationales.

Ces militantes leaders au parcours variés révèlent la nature de leur personnalité, de leur position, mode d’influence spécifiques depuis que des réformes sociales et politiques et une expertise des cultures s’est imposée au cœur même du dispositif néo-libéral des Objectifs du Millénaire du Développement. C’est donc en prenant en compte leur rôle d’intermédiaires de l’international, leur expérience de médiation du local et la réalité de leurs activités, que le film nous conduit progressivement vers une réflexion pointue des enjeux, des contradictions et des tensions qui se posent entre valeurs locales, régionales et celles d’un dispositif international qui tente d’accélérer et de maximiser son bilan 2015 comme d’anticiper l’avenir incertain des générations (post-agenda 2015).

Par leurs discours, témoignages, perceptions des changements et de leur  environnement, ces leaders transcendent les hiérarchies et s’attaquent pour certaines directement au noyau du dispositif et à ses valeurs. Mais c’est surtout depuis leurs récits de vie que leur parole se libère et que leurs « nouvelles » manières de « faire du politique » dévoilent un agir planétaire spécifique qui revient régulièrement sur le déterminisme de nos démocraties contemporaines.

Deux groupes de leaders ont été interviewées : Des leaders du « haut », ministres, députées en charge de leur délégation nationale. Des leaders du « bas », (élues régionales, militantes syndicales et enseignantes engagées dans des ONG). Toutes ont en commun une parole qui se délie et donne sens aux relations et type de rapports que ces leaders responsables et représentantes des régions entretiennent avec les autres groupes, en particulier avec les groupes féministes de Pékin qui les précèdent. De leur « vécu » et croyances comme des activités diverses dans lesquelles elles s’impliquent (autant dans les rituels de leur villages, que dans les luttes nationales et les représentations à présent planétaires), ces femmes
parviennent à apporter un éclairage spécifique des réalités qui émanent du local et des innovations qu’elles imposent au global.

Dès lors, le film documentaire en renversant les modèles traditionnels du dispositif onusien (biopouvoir et biopolitique), détermine également la nature du travail anthropologique à poursuivre autant pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux bouleversements récents des valeurs sociologiques et politiques de la famille, de la religion qu’à ceux qui tentent d’expertiser les mouvements engagées dans les pays du sud ou qui se spécialisent sur les révolutions générationnelles. Moi-même c’est en focalisant mon attention sur ces « nouvelles » élites féminins émergeantes dans un contexte particulier d’entre-deux, (qui lie gouvernementalités locales et globales), ici par l’image et le son que tous ces enjeux s’éclairent et se dévoilent simultanément.

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